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Transformation
des services de santé mentale |
Où est la volonté réelle de changements ?
Il y a un an, CAMÉÉ organisait une consultation auprès de ses membres et d'autres personnes utilisatrices des services de santé mentale de la sous-région nord de l’île de Montréal. Les personnes réunies ont travaillé ensemble toute une journée afin de transmettre leur point de vue au Groupe d’appui à la transformation des services en santé mentale mis sur pied par le ministère de la Santé et des Services
sociaux.
Un mémoire a été rédigé et nous l’avons présenté au Groupe d’appui lorsque la tournée s’est arrêtée à Montréal en mars
2000.
En prévision du Forum provincial, les personnes utilisatrices de services ont été mobilisées. Action-Autonomie a invité CAMÉÉ à faire valoir le point de vue des utilisateurs et utilisatrices à l’origine du mémoire dans le cadre de la rencontre de la région de Montréal.
Après avoir été de toutes les rencontres préparatoires, nous avons participé au Forum provincial avec le Groupe d’appui et la ministre de la Santé.
En mars dernier, nous recevions enfin le rapport sur l’« État d’avancement du plan d’action de décembre 1998 » et les « Cibles prioritaires adoptées au Forum sur la santé mentale de septembre 2000 ».
Quelle déception ! Bien que le principe de base de cette transformation soit l’appropriation du pouvoir par les personnes utilisatrices de services, les « groupes d’entraide usagers » sont relégués aux oubliettes jusqu’en
2003.
Pire encore, le MSSS ne prévoit pas demander la collaboration des « groupes d’entraide usagers » pour l’aider à élaborer un guide à l’intention des personnes utilisatrices de services et des fournisseurs de soins et
services.
Bien sûr, le MSSS spécifie que les responsables seront les utilisateurs de services, mais choisira-t-il des personnes isolées sans recul face aux services actuellement offerts ou demandera-il aux « groupes d’entraide usagers » et aux « collectifs de défense des droits » de déléguer des représentants.
Pour l’ensemble de ce plan d’action, nous nous rallions à l’AGIDD lorsqu’elle déclare « les visions du ministère renforcent le modèle bio-psychiatrique en mettant l'accent sur le traitement des personnes et ce, malgré le discours sur la communauté. En effet, lorsque l'on pousse l'analyse un peu plus loin, on se rend compte que le ministère cherche davantage à institutionnaliser la communauté qu'à modifier les pratiques et les approches des intervenants, un des éléments clés d’une réelle transformation des services en santé mentale. Les services se donneront "ailleurs", mais pas "autrement". Dans ces conditions, nous croyons que la personne ne pourra pas exercer ses droits au libre choix et au consentement aux soins ».
CAMÉÉ continuera à suivre de près l’actualisation de ce plan d’action, car il doit rendre obligatoire et efficace le renouvellement des pratiques en santé mentale en tenant compte des demandes et de l’expertise des personnes qui utilisent ces services.
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