En réponse à la souffrance, la médecine traditionnelle a développé les médicaments psychiatriques. En 1952, le premier médicament psychotrope était mis en marché.
D’autres ont été développés pour former l’arsenal de la médecine dans la lutte à la « maladie mentale ». Le médicament, principal outil de la psychiatrie, est devenu la seule réponse proposée à la personne et cela avec le consentement de la société.
Avec les années, les mentalités ont évolué. La façon de regarder la personne à changé. Après le cri du cœur « Je ne suis pas ma maladie », on a cru que la psychiatrie évoluerait dans le même sens.
Pourtant, pour l’ensemble des problèmes que connaît la personne, la psychiatrie ne connaît qu’une seule solution : la médication.
Les personnes qui ont des problèmes de santé mentale vivent généralement sous le seuil de faible revenu. Pourtant, cela ne les empêche pas de générer de très gros profits pour certaines compagnies.
C’est une médication à long terme. Il n’y a pas de guérison à l’horizon, que du soulagement. Le soulagement est parfois plus pour les proches et la communauté que pour la personne. La médecine traditionnelle n’envisage l’arrêt de la médication que lorsque les effets secondaires deviennent insupportables ou que la santé de la personne est en danger. Le lithium peut causer des problèmes aux reins, le Serzone® est retiré du marché car il a causé des problèmes de foie et le Paxil® est interdit de prescription aux mineurs car il peut précipiter le passage à l’acte suicidaire…
Ce qui était hier une vérité absolue est devenu aujourd’hui beaucoup plus relatif. Quand sera-t-il demain des vérités que nous tenons aujourd’hui pour infaillibles ?
Notre vie tourne autour de la prise de médicaments. Ils viennent ponctuer le rythme de la journée. Ils reposent sur la table de chevet pour être là pour démarrer la journée et ils s’invitent à l’heure des repas ; ils nous accompagnent dans nos activités quotidiennes et nos sorties ; ils ne nous lâchent pas jusqu’au coucher.
Nous entretenons une relation trouble avec eux. Réponse frustrante et sèche de la médecine, ils deviennent malheureusement aussi notre seul espoir.
Parfois, c’est autant le médicament que le problème de santé qui empêche de travailler. Tous les médicaments psychiatriques ont des effets secondaires. Pensons aux tremblements, aux maux de tête, à la nausée, à la somnolence et la liste n’en finit plus. Ceux qui donnent des troubles de concentration viennent nuire même aux loisirs. Et les risques de dyskinésie tardive pendent au bout de tout cela.
Après notre colloque sur les émotions et la médication psychiatrique, il nous semble à propos de faire un tour d’horizon de ce monde qui nous reste méconnu malgré la place qu’il prend dans nos vies.
Avoir l’esprit critique et la possibilité de soupeser les avantages et inconvénients d’une décision sont des éléments nécessaires pour avoir du pouvoir sur sa vie.
Cela s’applique autant aux informations que l’on veut nous faire avaler qu’aux pilules qui nous sont prescrites. Savoir, c’est pouvoir.
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