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Ces
témoignages ont deux buts :
Diminuer
les préjugés en donnant
un portrait plus fidèle de notre réalité ;
Donner de l'espoir à d'autres personnes
qui, comme nous, sont aux prises avec
des problèmes de santé mentale.
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lire d'autres témoignages, suivez le lien en bas de cette page.

Je dois dire qu’avant d’avoir des problèmes de santé mentale,
j’avais une très bonne perception de moi, ayant beaucoup de succès
à l’école et aussi dans les autres choses que j’entreprenais.
Dans la famille, j’étais le petit chouchou, qui se promenait avec
sa grosse médaille de premier de classe dans le cou, et aussi, je
soutirais quelques dollars à mon père à chaque bulletin. Ah !,
j’étais vraiment très fier de moi.
Sauf que je ne savais pas ce qui m’attendait plus tard. La mort
tragique de mon père, assassiné le 19 novembre 1966. Cela allait
faire bousculer toute ma vie, déjà que je commençais à perdre
confiance en moi, commençant à penser de plus en plus négativement.
En mai 1968, nous déménagions sur le Plateau Mont-Royal, et là je
me fis de nouveaux copains. Tout bascula, mais vraiment tout: prise de
drogue, énorme, pour ne pas dire quotidiennement gelé, gelé, gelé.
Nuit, matin et soir. Je ne me reconnaissais plus, ni ma famille
d’ailleurs. Gros manque de confiance, j’étais devenu comme une
loque humaine : de haut que j’étais, très bas j’étais tombé.
Et là, je dois dire que je saute énormément de détails. Ce fut après
cela naturellement l’hospitalisation. La mort tragique de ma sœur
qui se suicida. Mais aujourd’hui, lorsque je me regarde aller, je
m’aperçois que ça na guère changé. Peut-être le contenant, mais
pas le contenu. Je suis encore en très grande difficulté. Malgré
une fausse évolution, mes pensées se troublent, et à chaque fois,
je cours après mon souffle psychologique, si on peut dire.
Cela remonte à un fameux soir, le 8 novembre 1978, vers 11 heures le
soir. J’étais sur mon balcon à l’arrière de chez moi. Je vis
une lumière rouge passer. Cette même lumière devient d’un blanc
éclatant comme un néon. L’objet s’arrêta brusquement à peu près
1,000 pieds au-dessus de moi. Je vis très bien l’objet qui était
rond avec des superbes lumières éclatantes qui passaient du rouge
incandescent ensuite vert, ensuite turquoise, avec deux lumières
vives de chaque côté. Cela dura environ 15 à 20 minutes, l’objet
se déplaça ensuite au sud, sud-est à une vitesse époustouflante.
À cette période de ma vie, je consommais des Valiums et prenais
beaucoup d’alcool et fumais du haschich.
J’entrais donc chez moi. Tout encore sous le choc, je pris encore
des tranquillisants. Je peux vous dire dès le départ, que lorsque
j’ai vu l’objet en question je me sentais très normal et cela est
très clair, tous mes sens fonctionnaient très bien. Malheureusement,
la prise de tranquillisants fait perdre la crédibilité. Mais on sait
très bien que sous l’effet de Valium on ne peut voir de telles
choses, c’est impossible. Ç’a été une pure coïncidence, mais
malheureusement, à cette époque je consommais. Mais pas des
substances assez puissantes pour voir de telles choses.
Mais après cela, je me suis mis à me sentir mal dans ma peau, et
incompris de tous. J’étais comme laissé seul, avec moi même. À
ce moment-là, je commençais à doubler et ensuite tripler, ma prise
de médicaments. J’allais alors commencer un vrai cauchemar
infernal. Toutes mes pensées étaient transformées, mon état
psychologique n’était plus le même. Je n’avais plus aucune espèce
d’intérêt à la vie. Je trouvais mon entourage bizarre et eux
pensaient la même chose de moi. Tous les gens que j’aimais s’éloignaient
de moi. Oh ! Quel enfer, je me souviens encore du mépris de tous .
Mon état physique se mit à changer. Je devins avec un visage laid,
transformé par la fatigue de ne pas dormir beaucoup parce lorsque
l’on prend des tranquillisants comme des peanuts ça devient comme
l’effet inverse. Je pleurais beaucoup, je m’enfonçais davantage
jusqu`à temps que je laisse tout derrière moi et que je parte pour
Vancouver.
Ensuite… Je me souviens, il y a 18 ans de cela à St-Ambroise de
Kildare, un après-midi, ma mère m’envoya faire des commissions au
marché Métro de Joliette. Je pris donc l’autobus pour m’y
rendre. Je dois dire qu’à cette période-là, je ne me sentais pas
très bien, j’avais de fréquents contacts avec les extraterrestres.
Ils ne me lâchaient pas, m’épiant continuellement à bord de leur
vaisseau. Se présentant même dans ma chambre sous forme d’êtres
lumineux. Ils faisaient constamment, scintiller des lumières blanches
très vives.
Donc, revenons à mes souvenirs douloureux. Je fis mes commissions à
Joliette, après cela, je décidai d’aller au C.H.R.D.C. de Joliette
à l’urgence. J’explique mon cas, on me fit rencontrer un médecin
de la psychiatrie. Je lui racontai toute mon histoire. Lui était
Roumain. À peine avais-je terminé, il appela deux infirmiers et me
fit monter au 6e D. Chose que je trouvai très pénible. Je me
demandais ce qu’il m’arrivait, j’avais besoin d’aide et tout
ce que l’on m’offrait était de m’interner ; soi-disant
pour mon bien, on me bourra d’Aldol, Kemadrin et de somnifères
puissants. On me garda à peu près un mois et cela, grâce à une
intervention de ma mère, sinon je crois que j’aurais été là plus
longtemps. J’étais devenu comme un automate qui obéit sans penser,
j’étais comme un mort dans toute ma personne. Mais heureusement
quelle joie lorsqu’on me fit sortir, et que l’on me dit que
j’aurais un suivi en externe. Je peux vous dire que cette expérience
a été très traumatisante. Je ne souhaite pas cela à mon pire
ennemi. Je dois rajouter qu’un suivi en psychiatrie en externe est
quand même plus humain qu’une hospitalisation. C’était une de
mes premières étapes dans ma vie de psychiatrisé.
Je crois que la société en général a une très mauvaise image des
personnes qui ont des problèmes en santé mentale. Une des premières
choses qui me viens à l’idée, c’est que la société croit
souvent que nous sommes dangereux, voir même très maniaques, alors
que l’on sait que c’est pratiquement le contraire. Ils nous
pensent complètement dépourvu d’intelligence, de moyens pour
s’organiser, se débrouiller. Je reconnais que parfois, à cause de
la médication, certaines journées peuvent être pénibles. Mais sans
que notre intelligence en soit affectée. Si l’on regarde
l’attitude de la société d’aujourd’hui, je crois qu’elle a
beaucoup de problèmes pour des gens qui se disent normaux. Valeur, éducation,
famille éclatée, drogue, violence, guerre, abus de pouvoir, je me
pose la question: qui est le vrai malade ?
J’ai eu la chance de connaître quelqu’un qui m’a fait connaître
CAMÉÉ. Lorsque j’ai eu mon premier contact, je me suis aperçu immédiatement
qu’il y avait beaucoup de chaleur humaine. On peut dire que c’est
rare de nos jours.
C’est un organisme qui me donne beaucoup de confiance et d’espérance.
Car lorsque l’on vient ici, on se sent comme un être humain à part
entière. À travers différents ateliers, que l’on choisit
librement, on se sent revalorisé. Voilà pour la portion d’aide en
santé mentale.
Il y aussi le monde spirituel ou je vais puiser ma force, mon énergie,
par la prière on peut vaincre une foule d’obstacles. Le fait
d’assister à une célébration eucharistique, me fait voir le monde
d’une tout autre manière. Cela ne se fait pas seulement à l’église,
mais aussi chez moi, dans des livres spirituels, le calme, le silence,
la lecture. Tout cela apporte une vraie paix intérieure qui est
excellente pour le corps et l’âme. Je dirais même que ça vaut
bien des médicaments et bien au-delà.
Pierre
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