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Pas un réseau, un mouvement |
Le ministère de la Santé veut faire plus avec moins. Le moyen à la mode un peu partout en Amérique du Nord consiste à lier en réseau les hôpitaux et les cliniques psychiatriques.
Une ressource comme CAMÉÉ ne ressemble en rien à un CLSC, encore moins à un hôpital. Pourtant, ce sont autant les ressources communautaires et alternatives qui sont visées par le plan du ministère que les
établissements publics.
Les ressources communautaires et alternatives en santé mentale ne forment pas un réseau. Chacune est indépendante et ne répond que devant ses membres. Plusieurs ressources d’ailleurs ne sont membres d’aucun
regroupement régional ou provincial.
D’autres ressources, comme CAMÉÉ font partie de regroupements où les
revendications de leurs membres trouvent une place pour s’exprimer. Ce choix de solidarité relève des membres de chaque ressource.
Ces ressources participent à un mouvement de transformation social. Dans un premier temps, les membres viennent s’y faire du bien. Là, la
personne apprend à prendre la parole devant ses pairs et à donner son
opinion. Puis, avec le temps, une critique de la société, des idées de
solutions s’élaborent entre eux.
C’est l’exercice de la citoyenneté.
À l’hôpital, on n’est pas un citoyen mais un client qui prend ce qu’on lui donne et quand on le lui donne, d’où le nom « patient ».
Un groupe alternatif et communautaire questionne les façons de faire et trouve des solutions originales pour s’adapter aux besoins de ses membres. Aucun hôpital ou CLSC n’a la capacité ou la volonté de coller à la réalité de ses clients.
Dans la définition du réseau de services intégrés que le ministère a rendu public, l’échange d’informations personnelles est au cœur de la notion de réseau. C’est la culture des établissements que de monter des dossiers et d’en faire
circuler le contenu partout dans le réseau public.
CAMÉÉ ne peut s’intégrer dans un réseau dirigé par un hôpital ou un CLSC. Les différences de cultures sont trop grandes. L’indépendance de
CAMÉÉ permet aux membres de s’exprimer en toute liberté. Ils savent que ce qu’ils disent ne sera pas
rapporté à leur médecin traitant, qu’il n’y a pas de dossier où sont conciliés leurs faits et gestes.
Pour travailler en réseau, il faut s’adapter à ses partenaires. Les
hôpitaux ne s’adapteront pas aux ressources communautaires et alternatives. Ils ne l’ont pas fait jusqu’ici, au contraire. Certains établissements sont reconnus pour ne pas faire de
références aux ressources « dérangeantes ». Il faudrait donc que CAMÉÉ change ses façons de faire pour plaire à la Régie régionale ou aux centres hospitaliers. Cela est inconcevable.
Les solidarités et choix d’actions des ressources communautaires et
alternatives de partout au Québec ne peuvent être mise de côté. La démarche que CAMÉÉ a entreprise il y a plus de 15 ans doit être respectée.
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