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Le gouvernement électronique |
La carte à puce est le premier pas vers le gouvernement électronique. C’est un concept qui veut que l’informatique
remplace la composante humaine dans les rapports entre le gouvernement et les
citoyens.
L’informatique supporte déjà les milliers de transactions (demandes, corrections et autres échanges de données) que nous
faisons avec le gouvernement. Ne serait-ce que pour nos déclarations de revenus et les remboursements de taxes de vente.
La carte à puce permettrait d’aller plus loin, c’est-à-dire de remplacer le fonctionnaire qui accueille une demande par un guichet automatique, comme ceux des banques.
De tous les temps, le lien entre le gouvernement et les citoyens a été un être humain, un fonctionnaire. Cette personne devait interpréter les lois et les règlements auprès des citoyens. C’est son jugement qui déterminait si la personne est admissible à un programme, si tout est conforme.
La relation avec le citoyen se joue selon les règles établies mais comporte aussi sa part d’interprétation. Un humain comprend le retard à produire un papier si vous avez la grippe. Un humain peut donner un coup de fil pour vérifier votre admissibilité auprès de l’émetteur d’un document que vous n’avez pas en main. Un humain vous explique ce que vous ne comprenez pas.
Pour un ordinateur, tout est blanc ou noir. Il n’y a pas de gris. Il n’y a pas de patience, de compréhension ou de compassion.
Qui n’a pas connu de déboires avec les cartes de guichets automatiques ? Oubli du numéro d’identification personnel, vol de ce numéro secret, démagnétisation de la carte, troubles du réseau de communication qui empêchent la transaction…
Le bogue de l’an 2000, c’était la peur de voir un ordinateur ne pas comprendre un simple nombre de 4 chiffres et qu’il prenne 2000 pour 1900. Aucun humain ne ferait une telle erreur. Un ordinateur, oui.
L’ordinateur peut aussi être victime d’une panne d’électricité ou des fils coupés durant un conflit de travail...
De plus, beaucoup de gens restent imperméables à cette technologie. Pourtant, ce sont les personnes qui n’ont pas accès à la technologie qui ont le plus besoin de faire appel au gouvernement: chèques sociaux, programmes de soutien, soins de santé…
Pour ces personnes, s’ajoutera la difficulté à communiquer et à transiger avec le principal intervenant, le gouvernement et les organismes para-publiques.
Nous arrivons à un point où tous ceux et celles qui ne sont pas spécialistes ont de la difficulté à bien comprendre les enjeux de la technologie qui nous envahit. Et ce, tant chez nos élus que dans la population. Les débats de la commission parlementaire qui étudiait la carte à puce nous ont montré que les députés n’étaient mêmes pas conscients que la carte permettait de faire des choses illégales comme de varier la couverture d’assurance maladie pour chaque individu, établir une facture et demander des frais pour les soins…
Déjà, avec les changements dus au virage ambulatoire les soins se sont déshumanisés. Imaginez lorsque pour toute réponse à la souffrance ou à la détresse, la machine vous répondra :
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