Une enfance en suspens

Je suis un tout petit devenu 
Une grande personne
Mais dans mon coeur, tout résonne
Je suis le tout petit qui se replie
Qui sur lui-même s'est renfermé
Pour ne plus penser, pour oublier
Tous ces coups, Tous ces mots
qui font si mal, je me sens sot
Je me sens nul.


Voilà que je suis rendu à l'adolescence
Mon coeur est toujours en balance
Suis-je quelqu'un ? Suis-je aimé ?
Parfois j'ai reçu des gentillesses et des collés
C'est à cela que je vais 
me rattacher ; à ces doux moments, à ce bon temps
Qui n'arrive pas souvent
Mais qui me font croire que je suis aimé un peu
Du moins c'est ce que je crois , C'est mon espoir.

Quelque part, je me demande
Si tout n'est pas vrai
Que je ne suis qu'un con
Qu'une putain, une poufiasse
Qu'un chien sale (ramasse-toi etc... suivi de pleins de noms) 
'' POURQUOI ? ''
Ces mots font si mal
Encore plus que les tapes
Les crachats dans la face
ou les menaces de coups de 
bâton ou de coups de barre de fer 


'' POURQUOI ? '' 
Ces objets tirés par la tête
Ces coups de corde à danser
Tout cela devant mes amis(es)
Mais aussi devant mes grands-parents 
ou mes amis(es). 
Tout est permis
Quel humiliation: (Grosse vache et d'autres noms) qui sont accompagnés nous sont dits
On est humiliés(es) et Bafoués(es)


J'ai hâte de grandir mais 
en même temps, J'ai peur 
Tout à coup j'agirais pareil.
Ce n'est pas mon désir mais c'est ma hantise
Je crois que je vais me droguer pour ne plus y penser
Est-ce que je suis quelqu'un
 de bien ?
Ou vraiment sommes-nous 
que des moins que rien ?
À nous les enfants brimés(es)
à nous les enfants mal aimés(es), 
À nous, on nous dit si souvent
Ces mots qui blessent 
et ne veulent se cicatriser
On nous le dit si souvent
Ces mots depuis tantde temps
Cela nous paraît une éternité

 


On a aussi un peu d'espoir.
On ne ressens pas toujours le
désespoir.
Le noir du gouffre qui n'en finit plus
Parfois les parents nous disent
Qu'ils nous aiment
Mais aussi amis(es), professeurs, Grands-Parents, Mamy, Tonton et Tantine
Voilà un baume sur nos coeurs blessés.

Ginette Mongeon

 

 

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