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En date de publication de cet éditorial, le ministère de la Santé et des Services sociaux a retourné la Régie de
l’assurance maladie à sa table à dessins.
L’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec et le
Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec se sont prononcé contre ce projet. Le RRASMQ l’a fait à l’initiative de CAMÉÉ. Plusieurs intervenants majeurs du domaine de la santé ont signifié clairement
leur réserve ou leur opposition à ce projet.
Malheureusement, le gouvernement semble vouloir s’entêter à poursuivre dans cette voix. Pendant que les urgences débordent, que les hôpitaux ferment des lits et que des Québécoises et
Québécois vont se faire soigner aux États-Unis, le ministre de la Santé veut toujours dépenser
quelques centaines de millions dans ce projet.
Loin de régler les problèmes de notre système de santé, cette carte engendrera d’autres
problèmes. Pour n’en nommer que quelques uns: la perte de la confidentialité, la menace qui pèse sur le libre choix
en plus de favoriser la privatisation des services de santé. Munir la population d’une carte avec des informations confidentielles ne changera pas le sous-financement chronique dont souffre notre système de santé. Le Québec dépense toujours moins par habitant en santé que les autres provinces du Canada.
Les
organismes communautaires doivent profiter de ce répit pour se
mobiliser et, par les journaux
locaux, faire connaître les conséquences de la carte accès santé
sur la population. L'utilisation d'une carte aussi invalidante doit
être soumise au vote de la population. On n'enchaîne pas les québécoises
et les québécois à une carte qui, sans améliorer les services
qu'ils reçoivent, alourdira encore plus le système de santé et
brimera leurs droits fondamentaux. C'est une forme de contrôle social
que vous devons refuser. Ce n'est pas aux citoyennes et aux citoyens
de s'ajuster au système mais aux gestionnaires du système de santé
de s'ajuster à la réalité de la population. Une de ces réalités
est le vieillissement de la population.
Puisque les découvertes de la science permettent aujourd'hui aux êtres humains de vivre plus
longtemps, le gouvernement doit assumer ses responsabilités et veiller à ce que cette vie soit
prolongée dans la dignité. La situation qui prévaut actuellement
dans notre système de santé était prévisible. Une bonne
planification aurait évité tout ce gâchis.
Le gouvernement s'apprête à créer un monstre administratif qui
contrôlera nos vies. Pour vous donner un exemple : je vais consulter
un rhumatologue pour des
maux de dos. Pourquoi ce spécialiste aurait-il besoin de savoir que j'ai
passé un test pour le sida il y a deux ans ou que j'ai été suivie
en psychiatrie pour une dépression majeure. Aujourd'hui, j'ai le
choix d'en parler si je le juge nécessaire, avec la carte accès santé
le médecin le saura dès qu'il consultera mon dossier médical sur
son ordinateur.
Nous souhaitons que tous les organismes communautaires se renseignent
et se rallient pour obliger le retrait de ce projet de loi. Pour en
savoir plus, cliquer sur le bouton au bas de la page. Vous y
trouverez les mémoires déposés par de nombreux organismes à la
Commission des affaires sociales.
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